Une absence bien présente

Que reste-t-il de l’amour quand l’autre n’est plus là ?

Dans « Vivre après toi » Perla Servan-Schreiber explore l’égnime.

Cinq ans. Elle s’en étonné encore. Pas de la mort, mais de ce qu’on fait des lendemains. .es portugais ont un mot pour çà: Saudade. la présence de l’absence disait Pessoa. Perla Servan-Screiber a mis 5 ans à le dire à sa façon. Elle l’a écrit sans le savoir, sur des feuilles que son assistante avait tapées à la machine judicieusement. Quand l’éditeur (Flammarion) lui demande un livre sur le deuil. Elle découvre qu’elle l’a déjà là, en pile.  Elle gomme beaucoup. Elle ré-écrit peu. « J’ai senti que c’était bien qu’il reste tel quel pour m’apporter la preuve que les choses bougent. Même si on croit qu’elles ne bougent pas.

Perla est née à Fez en 1943 dans une maison bien trop petite pour ce qu’elle portait en elle. Elle part à 14 ans. Casablanca d’abord pour étudier le droit, les sciences politiques et aller à la plage. Puis Paris, La Sorbonne, la publicité et 20 ans dans la presse féminine. Et à 42 ans, elle rencontre Jean-Louis qui en a 50. Aujourd’hui on dirait « l’amour Ouf ». Elle dit qu’il l’a transformée. C’est ainsi qu’on reconnaît un grand amour dit-elle. On est transformés. Elle lui parle encore à Jean-Louis. Il ne répond pas. C’est un monologue. Elle le voit voler (c’est son mot), débarrasser de la canne, des béquilles, de la peur de tomber qui l’accompagnait à la fin. « Il a repris cette place d’homme content » Ce qui lui manque le plus ?  Elle répond sans chercher ses mots « sa peau, son sourire, son humour ». On lui demande ce qu’elle a appris de ces 5 ans.  » Elle répond :  » que la joie passe toutes les barrières » et « qu’on existe parce qu’on donne. J’ai besoin de sentir que quelques personnes ont besoin de moi. C’est ce qui me retient. C’est en donnant que j’existe ». Elle ne fuit pas la solitude. Elle la revendique. « Si on souhaite la fuir, c’est là qu’elle vous rattrape cruellement ». Pourquoi avoir publié ce livre alors ?  Par pour lui rendre hommage. « Pour aller mieux. Pour ne pas être engloutie dans son absence. S’il est dans les mains d’autres personnes, c’est comme si c’était quelque chose que je déposais. »  Un pas qu’elle n’avait pas pu faire pendant 5 ans. « Jean-louis est debout, content, il vole. »